Mémoires de la grande guerre.



Durant la guerre de 14-18, j’avais un cahier semblable à celui-ci et tous les jours quand il m’étais possible de le faire, je relatais les faits qui s’étaient produits la veille ou l’avant veille.  Lire la suite

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11 novembre 1918

«  Le 11 novembre est pour moi un jour inoubliable ; nous avions quitté la côte du Poivre à l’est de Verdun quelques jours avant et on nous avait dirigés par petites étapes sur Nancy pour aller soi-disant au repos…

… On avait quelque vagues soupçons sur les racontars visant l’armistice, mais à vrai dire on n’y croyait pas. On y croyait d’autant moins que l’après-midi du 10, le lieutenant vînt vers nous avec un ordre d’avoir à préparer la voiture téléphonique de tout le matériel destiné à la pose de lignes téléphoniques en vue d’une position de batterie d’artillerie que nous devions aller occuper au bois Le Prêtre, tout près de Pont-à-Mousson et le 11 au matin dès le petit jour nous prenions le départ pour accomplir cette mission.

« Le voilà l’armistice qu’on nous laissait supposer » disaient les camarades de l’équipe et chemin faisant, et arrivés presque à l’endroit où devions aller, nous rencontrons un motocycliste avec à son guidon un petit drapeau tricolore qui flottait au vent. Il s’arrête et demande au lieutenant où nous allons. Et par la même occasion lui annonce que l’armistice était conclu depuis le matin cinq heure. Le lieutenant descend de son cheval et tout radieux nous dit «  les enfants, mission accomplie »  Il embrasse le brigadier et nous embrasse tous. Il était peut-être encore plus heureux que nous car il avait à Mazamet une usine qui attendait son retour ; quant à nous, nous étions tous de la classe 1917 et nous savions bien que nous étions encore loin de notre libération, mais nous étions heureux et contents de ne plus entendre la voix des canons et nous étions débarrassés de la peur qui nous laissait aucun instant de répit, de jour et de nuit, cette épée de Damoclès pendue par un fil sur notre tête était un danger constant d’autant plus qu’en quittant notre dernière position de la côte du Poivre, juste une demi-heure avant, nous avions laissé sept de nos camarades à la suite d’une pièce de 155 qui avait éclaté. Nous étions donc heureux de nous trouver encore là. …

… On ne parlait plus d’hier; c’était surtout demain qui nous intéressait; où irait-on en occupation ? Serait-on longtemps à être démobilisés ? etc. Pour moi, toutes ces questions n’avaient qu’une importance secondaire; personne ne m’attendait à la maison; ni père, ni mère, ni fiancée. Une seule chose comptait pour moi : la guerre était finie. Fini les tranchées, les barbelés, les boyaux et les cagnas, finis aussi les observatoires où nous restions huit jours durant avec un bidon d’eau, un pain, du biscuit et du chocolat ; pour moi cela seul comptait. Le reste et l’avenir, je n’y pensais pas.  »

Henri Choizit (1897-1982)

Catherine et Marie de Médicis : fin des Valois, début de Bourbons.

La maison de Médicis a incontestablement marqué de son empreinte l’histoire de Florence et celle de l’Italie pendant les quatre cent ans qui s’étendent du  XVIe au XVIIIe siècle. Elle a aussi réussi à exporter sa puissance et son influence sur plusieurs places européennes.  A la France , les Médicis ont donné deux reines, et pas des moindres : Catherine et Marie de Médicis. Leurs destins exceptionnels se sont curieusement mêlés et succédés.

A bien des égards, les coïncidences et les faits tragiques qui émaillent ces deux règnes dépassent tout ce qu’un romancier historique aurait pu imaginer.
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