Bénévolat : un monde riche en contrastes.

Capture d’écran 2016-07-18 à 17.38.09Plus de réglementations, moins de subventions publiques, des besoins en croissance exponentielle, une multiplicité d’associations intervenant sur un même créneau, tel est l’environnement dans lequel doivent évoluer les associations tout du moins celles qui dépassent le cadre de simple amicale.
Leur quotidien est de répondre à une injonction paradoxale : faire plus et mieux avec toujours moins.

Les associations sont tiraillées entre l’obligation d’agir de façon de plus en plus professionnelle et l’impérieuse nécessité de composer avec les richesses et les ambiguïtés de leur bénévolat.

Un bénévolat qui se singularise par trois caractéristiques : les compétences, la disponibilité et la longévité dans l’engagement et surtout par les contrastes extrêmes observables sur ces trois caractéristiques.

Compétences : Quête permanente et besoin d’optimisation.

Par définition le bénévole rend service, sans y être obligé, quand et où il le veut bien.

Les associations s’accordent pour dire qu’elles arrivent peu ou prou à recruter de nouveaux bénévoles mais peinent à trouver des bénévoles qui acceptent de prendre des responsabilités.

Les bénévoles ne veulent pas se laisser entraîner au-delà d’une certaine limite et les postes d’encadrement fixent rarement de limite : « on mets le doigt dans l’association et c’est tout le bras qui y passe ! »
A leur volonté de préserver leur vie personnelle s’ajoute le refus de revivre dans l’association le stress de l’entreprise. L’association doit être en recherche permanente de nouvelles compétences.

Lorsque ces compétences existent dans l’association elles ne sont pas forcément là où on en a besoin. On peut se retrouver ainsi avec des bénévoles hautement qualifiés qui n’ont aucun envie de s’engager plus avant et qui se cantonnent dans des activités bien en deçà de leur potentiel.
Les motiver et les faire sortir du bois tout en leur garantissant qu’ils ne vont pas se faire absorber est certainement le plus grand défi des associations.

A contrario des bénévoles très engagés se retrouvent propulsés, souvent pas défaut d’autre candidat, à des postes largement sur-dimensionnés par rapport à leur profil. C’est une illustration accélérée du principe de Peter qui prône que l’on fini par atteindre son degré d’incompétence à force de promotions successives.

Bien sûr les associations de bonne taille cherchent à niveler ce phénomène par la formation continue et ça marche, au moins pour les sujets techniques et relatif au savoir faire. C’est plus délicat et difficile de combler les gaps en matière de savoir être.

Fort heureusement il arrive que les profils personnels soient en parfaite adéquation avec les compétences requises dans les fonctions de l’association. C’est un bonheur en soi pour l’association, reste néanmoins la question de la disponibilité de ces personnes compétentes.

Disponibilité : être présent au moment où il le faut.

La disponibilité est un autre facteur critique dans toute association, car elle ne se conçoit pas de la même façon selon que l’on est bénévole toujours en activité professionnelle ou pas.

Quand le bénévole est encore en activité professionnelle il ne peut consacrer du temps à l’association que pendant ses week-ends ou ses périodes de vacances. Difficile de le mobiliser en journée et encore moins au pied levé. Comment alors assumer des activités associatives durant les jours travaillés ? Le législateur s’est saisi de la question et de nouvelles lois devraient octroyer plus de souplesse au salariés pour demander des congés de représentation ou d’activités associatives, mais la décision finale de les accorder ou pas restera à l’employeur.

Les retraités quand à eux disposent en théorie de plus de disponibilités, mais en théorie seulement car ils se consacrent à de multiples activités et se ménagent souvent, et c’est compréhensible, de longues périodes de vacances pour voyager ou s’occuper de leurs petits-enfants. Ce « silver volontariat » n’en reste pas moins une ressource capitale pour les associations.

La gestion des disponibilités de chacun se trouve donc au cœur du management associatif … management associatif reste d’ailleurs à inventer.
Bien entendu les choses se compliquent encore quand cohabitent au sien de l’association bénévoles et salariés de l’association. Les horaires contractuels font difficilement bon ménage avec les périodes d’activités des bénévoles et c’est très souvent source de conflits internes.

Une fois trouvé, encore faut il que le bénévole compétent et disponible reste dans l’association.

Longévité : entre un bénévolat immuable et un autre volatile.

Contrairement aux salariés, la notion de retraite n’existe pas dans le milieu associatif. Des bénévoles peuvent occuper ad vitam æternam leurs fonctions. A court terme c’est une aubaine pour l’association qui s’évite de dépenser son énergie à de nouveaux recrutements. A long terme c’est un handicap pour trouver de nouveaux membres peu enclins à remplacer des personnes trop impliquées et devenues irremplaçables.

A l’opposé on trouve des bénévoles enthousiasmes à s’engager mais tout aussi enthousiasmes à changer d’association au gré de l’actualité, leurs contraintes ou leurs humeurs. Cette forme de bénévolat volatile est de plus en plus fréquente car les gens changent plus fréquemment d’emploi, de situation familiale, de lieu de résidence. Autant de facteurs qui influent sur leur engagement associatif.

Les associations doivent innover pour répondre à cette nouvelle forme d’engagement à la carte, probablement en inventant un engagement à durée limitée qui viendrait en complément de l’engagement ponctuel et de l’engagement traditionnel.

Les rotations fréquentes dans le bénévolat posent alors les questions de la transition d’un bénévole à l’autre, et de la préservation de la mémoire et de la continuité des activités associatives.

En conclusion, on ne peut dire que le bénévolat est toujours en équilibre instable. Les associations doivent accepter ce constat et jongler en permanence avec les ressources bénévoles disponibles.

Vous l’avez aussi compris, les défis auxquels font face les associations doivent être relevés par les bénévoles eux-mêmes puisque ce sont eux qui constituent l’association et en exercent la gouvernance. On reboucle ici avec la difficulté de trouver des bénévoles encadrants prêts à accepter ces challenges dans un environnement où rien n’est jamais acquis.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s