Agilité : nouveau mode de pensée.

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Pour éviter de se fourvoyer dans le maquis des solutions possibles, on inventa la conduite de projet.

En effet rien n’est plus difficile que de lancer un projet, quel qu’il soit d’ailleurs : projet informatique, projet organisationnel, projet humanitaire, projet de société… en étant certain de viser la bonne cible.

Pour ne pas se disperser il faut procéder avec méthode et rigueur et définir d’abord où l’on veut aller et quels objectifs atteindre. La conduite de projet classique a été inventée pour répondre précisément à ce besoin d’approche rationnelle et prédictive.
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Pour faire court, il s’agit d’abord de définir précisément les besoins et les spécifications du produit fini ou de la situation future que l’on désire obtenir.

Cette étape décisive étant faite, et documentée, on peut attaquer l’esprit tranquille l’étude des moyens nécessaires à la réalisation de la solution et à leur coût, et à la planification des étapes de mise en place.

On retrouve ici le triptyque des contraintes bien connu des chefs de projet : Répondre aux besoins, maîtriser les coûts, et respecter des délais avec, à l’arrivée, pour objectif essentiel, mais souvent occulté dans le feu de l’action derrière ces trois contraintes : la satisfaction finale du client, de l’usager ou du bénéficiaires du projet.

Tout cela est parfait, satisfaisant pour l’esprit, rassurant pour les concepteurs de solution. On passe d’un monde complexe, difficile à cerner, à un modèle conceptuel rationnel qui réduit au maximum les risques d’errance, de perte de temps et d’argent.

Mais si cette approche rassure un temps soit peu celui ou celle qui développe la solution, il n’en reste pas moins qu’un doute plane en permanence sur la pertinence de l’expression des besoins initiaux sur lesquels repose toute la conception de la solution.

Le donneur d’ordre quant à lui se trouve placé dans un système on ne peut plus anxiogène puisque l’on a pas manqué de lui dire dès le début, et de lui répéter ensuite, que les besoins qu’il a définis sont quasiment gravés dans le marbre et que toute modification entrainera inévitablement des révisions des coûts et des délais d’autant plus importants que cette demande de modification sera tardive.

Or, quand on y pense bien, il lui est extrêmement difficile de penser dès le début d’un projet complexe à toutes les spécifications, d’imaginer l’évolution de la solution telle qu’elle sera dans son environnement futur, environnement futur qui pourra être lui-même modifié par la solution mise en place.

S’il n’en pas conscient au départ, celui qui définit les besoins, mesurera très vite la responsabilité qu’il a endossée au fur et à mesure que la solution se dessinera.
Au doute qu’il ne manquera pas d’avoir tout au long du projet, succédera le sentiment de culpabilité si par malchance un manque de spécification fait capoter le projet.

La tentation est alors grande de se satisfaire de la solution proposée même si elle ne correspond pas tout à fait aux besoins réels et de faire fi des changements ultérieurs pourtant nécessaires mais tardifs. On sacrifie ainsi à la dynamique du projet la satisfaction globale de ceux qui sont censés bénéficier de l’évolution. C’est souvent un mauvais calcul car ces derniers ne manqueront pas de prendre conscience immédiatement des manquements dans la solution, manquements dus à la conception ou à l’expression des besoins ou à un malentendu entre les deux. Les réfractaires au changement trouveront ainsi des arguments pour critiquer la solution jusqu’à freiner sa mise en place.

Dans leur grande sagesse, les experts en conduite projet préconisent de gérer les changements. Ce qui se traduit bien souvent par leur report à une version ultérieure de la solution, donc au lancement d’un nouveau projet qu’il faudra à nouveau financer et planifier dans le temps.

Je ne voudrais pas ici dresser une tableau trop sombre de la conduite de projet traditionnelle, elle est d’une efficacité redoutable pour les projets lourds qui reposent sur des étapes de conception indispensables et qui se développent dans des environnements relativement stables. Je pense par exemple à la construction de bâtiment : comment imaginer couler des fondations si l’on ne connait avec précision le nombre d’étages et la surface qu’elles supporteront ?

Mais dans d’autres cas, vouloir tout définir et documenter dès le début afin de délivrer une solution complète en une seule fois, relève de l’utopie.

Réalisant les contraintes de la conduite de projets traditionnelle, on se tourna vers le concept d’agilité.

Avec le concept d’agilité, on change complètement de paradigme. On accepte d’entrée le fait que notre environnement est en perpétuel mutation et que la clé de la flexibilité repose sur l’interaction avec les hommes qui savent de quoi ils parlent.

Maîtrise des coûts et des délais deviennent des conséquences et non des contraintes de nos décisions.

On privilégie donc l’écoute, la collaboration entre les différents acteurs, et la satisfaction des personnes plutôt que l’engagement contractuel et à la formalisation des besoins. Au lieu de gérer les modifications, on se focalise sur la gestion des risques pour réagir aux imprévus et anticiper les incertitudes. Le changement fait partie intégrante de la conduite de projet.

Selon le même esprit, on ne va pas chercher à tout résoudre en une seule fois mais on va procéder par itération, par incrémentation, jusqu’à mettre en place des prototype modifiables voire même des parties de solutions que l’on sait imparfaites mais que l’on peut aisément et rapidement faire évoluer.

On glisse ainsi d’une conduite de projet en cascade, besoin / conception / développement, à un modèle en loupes successives d’améliorations.

Le concept agile se libère de la lourdeur administrative de la conduite de projet traditionnelle et permet une approche plus efficiente, plus fluide et plus conviviale dans des environnements en constante mutation.

Initialement conçu pour le développement de projet purement informatique à la fin du siècle dernier, le concept d’agilité a naturellement trouvé des applications dans des domaines plus vastes : projet d’organisation, nouvelle approche managérial, concept d’entreprise…

C’est sans doute le concept le plus novateur de ces dernières années. Au-delà du concept c’est certainement un nouveau mode de penser l’entreprise plus en adéquation avec son environnement qui a vu le jour.

 

Sites de référence :

http://www.access-dev.com/access-dev/la-gestion-de-projet-methodes-classiques-vs-methodes-agiles/

http://www.agiliste.fr/introduction-methodes-agiles/

http://www.qualitystreet.fr/2010/11/08/management-30-dans-la-peau-du-manager-agile/

 

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