Petit essai sur l’énergie des organisations.

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Une façon originale d’étudier les organisations consiste à les assimiler à des organismes vivants. Cela a été fait de nombreuses fois. Cette métaphore ouvre bien des portes de réflexions intéressantes et offre aussi un moyen pédagogique d’expliquer leur fonctionnement.
En poussant l’analogie plus loin encore avec le corps humain, j’en viens à penser que la notion d’énergie, abondamment développée pour expliquer la vitalité de notre organisme dans des disciplines comme le Tai Chi Chuan, le Qi Gong, le Yoga, le Shiatsu… pourrait tout aussi bien constituer un angle de vision nouveau sur les organisations.
A ma connaissance peu d’articles ont été écrits sur le sujet. Si l’on considère comme acquis l’idée que toute organisation possède sa propre énergie on peut formuler certaines hypothèses. Sans être toutes vérifiées, ni même vérifiables, elles auront peut-être le mérite d’ouvrir une débat constructif.
Vos commentaires sont les bienvenus !

L’énergie initiale de l’organisation ne nait pas ex nihilo et vient bien de quelque part.

Pour moi sans aucun doute l’impulsion, l’élan, la dynamique initiale sont insufflés par le fondateur de l’organisation.
Je ne me lancerai pas ici dans un parallèle avec l’être humain pour ne pas entrer dans des considérations philosophiques, existentielles et spirituelles qui me conduiraient trop loin du sujet de cet article, mais je vous laisse y réfléchir !

Par contre on peut observer que l’énergie de l’organisation se nourrir ensuite de l’énergie des acteurs qui concourent à son fonctionnement et est entretenue par les responsables de l’organisation.
Pour cela un des premiers éléments à prendre en compte pour assurer la bonne circulation de l’énergie de l’organisation est sans aucun doute la parfaite définition des rôles et responsabilités de chacun et de l’organigramme qui en découle. C’est en effet l’organigramme qui va déterminer les vecteurs d’énergie et les véritables méridiens d’énergie qui vont irriguer l’ensemble de l’organisation. A ce titre la définition de l’organigramme n’est jamais anodine et est un marqueur fort de l’organisation.

L’énergie de l’organisation égale à celle de son maillon le plus faible ?

Lorsqu’on se lance dans une étude on cherche toujours à quantifier ce dont on parle. On se heurte alors fréquemment à la difficulté de trouver le système de mesure approprié. En matière d’énergie des organisations je ne pense pas qu’il en existe.
Cependant on peut évaluer de façon relative l’énergie de l’organisation.

La première idée – et la plus optimiste – qui vient à l’esprit est de dire que l’énergie d’une organisation est forcement supérieure à la somme des énergies des individus qui la composent.
« L’union fait la force » c’est bien connu et toutes les notions de créativité de groupe, d’intelligence collective, d’esprit d’équipe nous confortent dans cette idée. Cet axiome est vérifié dans bien des cas… mais pas dans tous.

En effet le contraire est tout aussi observable en particulier dans des organisations mal définies, en perte de vitesse, en grande difficulté où même sur le point de mourir. Des individus à fort potentiel énergétique peuvent très bien se trouver brimés par une organisation inadaptée, avec des objectifs mal définis ou minées par des interactions de mauvaise qualité, des rivalités d’égaux ou encore des antagonismes de caractères.

Au final les énergies individuelles les plus fortes s’annihilent les unes les autres, laissant la prééminence aux plus faibles. L’hypothèse selon laquelle l’énergie de l’organisation se réduirait alors à l’énergie de son composant le moins énergétique n’est pas à écarter.
On retrouve ici l’analogie bien connue avec la force d’un chaîne en acier dont la résistance, une fois sous tension, est égale à la résistance de son maillon le plus faible. L’enjeu est bien d’identifier ce maillon faible de l’organisation pour tenter de le faire progresser mais surtout d’éviter une rupture car c’est aussi ce maillon qui lâchera le premier en cas de tension trop forte.

L’organisation confisque une partie de son énergie pour assurer sa survie.

Dès que l’on parle d’énergie on aborde inévitablement la question du rendement. Stricto sensu le rendement est le quotient entre la quantité d’énergie produite et la quantité d’énergie nécessaire pour la produire. C’est une notion que l’on retrouve dans les sciences physiques et dans les sciences de la vie. Selon moi elle s’applique aussi à la science des organisations.

Tout le monde souhaite que toute l’énergie d’une organisation soit une énergie active et novatrice canalisée vers des objectifs de réussites et de croissance de l’organisation. Mais dans les faits, on constate qu’une partie de l’énergie est détournée par l’organisation pour assurer sa propre continuité.

Toute la question est de savoir comment faire en sorte que le rendement soit acceptable et le plus élevé possible. Une des pistes est de rechercher la plus grande simplicité dans l’organisation.
En effet on observe empiriquement que plus l’organisation est compliquée, plus l’énergie absorbée en interne est considérable. Ce phénomène va en s’amplifiant si l’on n’y prend pas garde : l’énergie active laisse peu à peu la place à une énergie passive qui est de plus en plus sournoise et invasive. Le paradoxe est que l’organisation peut mourir en pleine activité passive !
Il faut donc se poser en permanence la question de la simplification et de l’utilité des tâches qui constituent l’organisation.

Laisser l’organisation respirer pour faire circuler son énergie.

L’autre piste est la lutte contre les lourdeurs managériales et administratives.
Il faut laisser l’organisation respirer sans la surcharger de règlementations, de contrôles, de procédures superflues.

L’organisation a besoin de lignes directrices précises et de principes intangibles mais elle est souvent plus à même de s’auto-réguler dans les détails qu’on ne le pense.
Nous vivons dans un monde où tout s’accélère, et où l’on demande aux organisations de faire toujours mieux, plus vite et avec moins de ressources. Nous sommes dans une culture d’efficience poussée à l’extrême, où le rendement – encore lui !– est le critère majeur d’appréciation.
On en oublie que le rendement à besoin de temps de pause pour être optimisé sur le long terme.

Nos anciens disaient qu’il faut laisser le temps au faucheur de se relever, pour donner un coup de pierre à aiguiser au tranchant de sa lame, et pour se cracher dans ses mains … si l’on veut qu’il arrive plus vite au bout de du champs !

Il faut laisser le temps à l’organisation pour régénérer son énergie.

A suivre … peut-être !

Sites de référence :

http://www.cnam.fr/servlet/com.univ.collaboratif.utils.LectureFichiergw?ID_FICHIER=1295877018145

http://etreautravail.com/blog/lorganisation-vue-comme-un-organisme-vivant/

http://www.jmn-moreau.com/wp-content/uploads/2010/10/doc_230407_110240.pdf

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