Stratégie : Mat, Go & poker.

Capture d’écran 2015-02-18 à 22.16.20Les jeux de stratégie ont toujours constitué un domaine de prédilection pour les amateurs de défis intellectuels.
Les règles et les objectifs à atteindre sont propres à chaque jeux mais, à y regarder de près, tout pourrait se résumer à une question de domination : domination par le nombre, par l’espace conquis, par les gains accumulés… Une domination obtenue par la seule intelligence et par la prise de décisions pertinentes, au moment adéquat, par le joueur.
Par étonnant que les manageurs se soient penchés sur les jeux de stratégie pour essayer d’en tirer des principes stratégiques transposables dans leur entreprise.

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Nous n’allons pas ici faire le catalogue de tous les jeux de stratégie mais s’intéresser aux plus emblématiques d’entre eux et donner quelques explications sur leurs caractéristiques et à leurs possibles déclinaisons managériales.

A tout seigneur tout honneur, commençons par le jeu de stratégie roi par excellence : le jeu d’échec !

Nous connaissons tous le jeu d’échec par la simplicité de ses règles, son espace de jeu défini (échiquier de 64 cases) et ses pièces au potentiel variable selon leur mode de déplacement.
Le principe est de mobiliser les ressources que l’on a pour contrer les actions de l’adversaire, se protéger et lancer à son tour des attaques pour contraindre son adversaire à la capitulation sans condition.
Pour gagner les joueurs doivent anticiper toutes les possibilités de déplacement, avoir un ou plusieurs coups d’avance sur l’adversaire et ne pas hésiter le cas échéant à sacrifier une pièce pour s’imposer.

Le jeu d’échec est l’archétype de l’affrontement guerrier et frontal, mais c’est aussi un modèle de stratégie planifiée et de prédiction des conséquences d’une décision.
En ce sens, il a une forte similitude avec le monde concurrentiel dans lequel opèrent les entreprises et leur besoin impérieux de stratégie pour protéger leur marché et en même temps se développer.

Passons maintenant au jeu de Go.

Il est souvent comparé et opposé au jeu d’échec car ses visée stratégiques sont fondamentalement différentes. Son principe est de conquérir des territoires et de les protéger avec des pions tous identiques les uns aux autres mais dont la force réside dans leur liaison.La partie commence sur un plateau vide – le goban -sur lequel chaque joueur dispose progressivement ses pions au gré de l’évolution du jeu.Le jeu de Go est un jeu ouvert, propice aux stratégies d’envahissement de l’espace et d’encerclement de l’adversaire.

Il est de plus en plus étudié dans l’entreprise car il correspond à une vision globale du marché, à des modes d’interaction en réseau et à une volonté d’innover en profitant de toute nouvelle opportunité.
Contrairement à un affrontement direct de la concurrence, une stratégie d’entreprise inspirée du jeu de go préconise un développement par pose de jalons successifs qui seront progressivement reliés les uns aux autres pour assurer la solidité de l’ensemble.

Et pour finir le poker.

Vous trouverez de nombreuses comparaisons entre jeu d’échec et le jeu de go (voir références au bas de cet article). Toutes expliquent très bien les différences d’approche stratégique des deux jeux.
Je ne vais pas me livrer à une énième comparaison entre ces deux magnifiques jeux, mais, et au risque d’être un peu iconoclaste, je ne voudrais pas passer sous silence les particularités stratégiques inhérentes aux jeux de cartes et en particulier celles du poker.

Au jeu d’échec et au jeu de go les joueurs disposent en début de partie du même nombre de pions ou pierres et tout est visible sur l’échiquier ou sur le goban. Il n’en est pas de même au poker et cela introduit trois éléments stratégiques essentiels qui n’existent pas dans les deux autres jeux : la chance, l’incertitude et le bluff.

Commençons par le facteur chance. Contrairement aux jeux de pions ci-dessus, la distribution des cartes est aléatoire au poker. Les joueurs ne commencent pas la partie avec les mêmes moyens de la gagner. Ils peuvent être bien ou mal servis selon leur bonne étoile.
Par ailleurs toutes les cartes ne sont pas dévoilées. Certaines ne sont pas distribuées, d’autres le sont mais restent face cachée sur le tapis, les autres sont jalousement cachées dans les mains des joueurs. Ces derniers ignorent donc la totalité des atouts mis à leur disposition pour jouer et encore moins ceux détenus par leur adversaire. Ils doivent prendre des décisions de jeu dans un contexte incertain en procédant par suppositions, déductions et intuitions.
Enfin ils ne peuvent se fier aux indices donnés par leurs adversaires qui peuvent à leur guise dire la vérité ou les induire en erreur en bluffant.

On retrouve évidemment dans le poker les hasards, les incertitudes et les doutes auxquels sont confrontés les manageurs et la nécessité pour eux d’allier intuition et intelligence pour prendre de bonnes décisions.

Quel début de conclusion tiré de tout cela ?

Tout d’abord pour plagier et détourner de façon éhontée une citation de Pierre Dac, je dirais : La stratégie est difficile, surtout lorsqu’elle concerne l’avenir.
Un bon stratège doit connaître les différentes approches stratégiques et ne pas hésiter à les mettre en œuvre à bon escient.
A priori il semble moins brutal d’appliquer les règles du jeu de Go mais l’affrontement direct et immédiat, type jeu d’échec, a aussi ses vertus. Question de tempérament et de personnalité. En tout cas il ne faut jamais hésiter à passer du goban à l’échiquier.
Quant aux règles du poker, elles nous renseignent qu’il ne faut jamais sous-estimer l’adversaire, ni négliger le facteur chance, et de ne prendre pour certain que ce qui est avéré.
Enfin il faut compter et jouer avec le temps, le maîtriser le mieux possible, dérouler sa stratégie avec détermination sans brusquer les choses et le cas échéant ralentir le jeu …. pour laisser le temps à ses concurrents de commettre des erreurs. Je vous renvoie pour ce dernier point au formidable roman de Stefan Zweig : le joueur d’échec.

Références :

http://www.lefigaro.fr/emploi/2007/10/23/01010-20071023ARTFIG00053-le-jeu-de-go-inspire-les-managers.php http://www.journaldunet.com/management/0606/0606139joueur-go.shtml http://www.troisiemevoie.com/troisiemevoie/2007/04/jeu_dchecs_jeu_.html http://www.dalett.com/le-jeu-d-echecs-et-le-management/
http://www.conscience-vraie.info/strategie.htm

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Une réflexion sur “Stratégie : Mat, Go & poker.

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